:) Le règne de Napoléon 1er se termine, et la ville de Saint-Etienne se prépare à connaître une forte expansion; elle va doubler sa population en 30 ans et la quadrupler bien avant la fin du siècle. Nous sommes en 1815, un an avant la création de l'Ecole des Mines, 8 ans avant l'ouverture de la première ligne de chemin de fer, car le train est né dans la Loire. La région stéphanoise vit depuis longtemps du textile et de l'armurerie; c'est le charbon qui va lui assurer un développement spectaculaire.
C'est au cours de cette année 1815, qu'une personne sourde, David COMBERRY crée une école pour les sourds-muets. En France, c'est une des premières du genre. Cette école est mixte. Il la dirigera pendant 9 ans, avant d'aller créer une autre école à Lyon.
Vers 1824, le relais est pris par un autre directeur, Mr DANIEL. L'école est fermée 5 ou 6 ans plus tard.
Vers 1830, une école de filles sourdes-muettes est créée, dirigée par une congrégation (les S½urs St Charles).
En 1831, l'école de sourds-muets de St-Etienne resurgit, grâce à la ténacité de Marguerite MIRANDON qui la dirigera jusqu'à son décès, en 1842.
En 1843, les Frères des Ecoles Chrétiennes prennent le relais. Arrivés à St-Etienne en 1805, ils créeront 19 écoles dans la ville, au cours des décennies suivantes. En 1854, l'Institution des Sourds Muets quitte le quartier Jacquard, pour s'installer sur une des collines qui surplombe le centre ville, au 40 rue Franklin.
A partir de 1854, l'Institution prend un essor remarquable. Les bâtiments sont agrandis. Vers 1860, des formations professionnelles sont créées: reliures, cordonnerie, serrurerie, habillement. En 1870, on compte 104 élèves.
Au niveau national, en 1881, au cours du Congrès de Milan, la langue des signes est interdite. Cette interdiction sera levée progressivement un siècle plus tard. Une place officielle lui sera donnée à partir de 1991.
En France, en 1925, les institutions pour sourds se regroupent et s'organisent. C'est la naissance de la F.I.S.A.F. (voir cette rubrique), la fédération nationale des établissements pour déficients sensoriels.
Vers 1975, les premières intégrations scolaires sont réalisées. Elles ont lieu au Lycée Sainte Barbe, voisin immédiat de l'Institut. Elles permettent aux élèves de suivre une formation technique, après le collège.
En 1990, les Frères quittent ce qui est devenu l'Institut Plein Vent. Un seul d'entre eux restera jusqu'en 1995, assurant l'audiométrie. Le dernier Frère directeur, Jean FAVRE aura exercé ses fonctions pendant 27 ans.
En 1993, le S.S.E.F.I.S. est créé. Il permettra aux enfants sourds de continuer à fréquenter l'école de leur village ou de leur quartier, puis le collège, en intégration individuelle. Le S.S.E.F.I.S. leur apporte l'accompagnement nécessaire. Il est aussi un appui pour les parents, et pour les enseignants qui accueillent un enfant ou un jeune sourd dans leur classe.
En 1995, les classes de niveau collège s'intègrent à un collège de St-Etienne, le collège du Puits de la Loire.
En 1999, la première classe réunissant des enfants entendants et sourds est créée, dans une école primaire de la ville, l'école Sévigné.
En 2000, une élève interne de Plein Vent obtient un diplôme de l'enseignement supérieur: un D.U.T. de gestion des entreprises et des administrations.
En 2015, Plein Vent soufflera ses 200 bougies. C'est notre challenge et notre espérance.